Mardi 22 novembre 2011
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Si de nombreuses personnes estiment que la bande dessinée ne peut être que l’ennemie de la littérature, je préfère pour ma part
la considérer comme étant une autre forme de narration, qui s’attire les grâces d’un lectorat qui bien souvent lit aussi des romans.
Et quand bien même parfois elle séduit de nouveaux lecteurs qui d’ordinaire n’aiment pas lire, doit-on pour autant la considérer
comme l’ennemie juré de la littérature ? Je ne le pense pas. En effet loin d’être nuisible elle offre (parfois) l’opportunité de découvrir des adaptations de classiques de la
littérature. Ainsi des lecteurs qui auront apprécié cette dernière pourront lire l’œuvre originale.
De plus une personne qui n’aime pas lire ne lirait pas plus si elle ne lisait pas de bande dessinée, bien au contraire. Au final
elle ne lirait pas du tout !
Prenons l’exemple du roman dont je souhaite vous parler aujourd’hui. Après avoir lu la magnifique adaptation réalisée par Riff
Reb’s et publiée aux éditions Soleil dans la collection Noctambule je me suis mis en quête du roman original qui avait inspiré cet album somptueux.
A bord de l'Etoile Matutine/ Riff Reb's©Soleil
Oui j’en vois déjà prêt à m’accuser de partialité puisque ce dernier est un roman de piraterie et qu’il est de notoriété
publique que j’affectionne particulièrement ce thème. De plus l’auteur ( Pierre Mac Orlan de l’Académie Goncourt) n’était pas un inconnu pour moi puisque j’avais déjà lu par le passé l’un de ses
romans : Les clients du bon chien jaune et que j’avais (disons le) déjà apprécié.
Mais afin de démentir cette accusation je vais vous citer un autre exemple. De la même façon il m’a été donné de découvrir les
œuvres de Jean Patrick Manchette et notamment La position du tireur couché adapté en bande dessinée par Tardi...
Mais trêve de bavardages revenons-en à notre sujet du jour. Après une quête assez ardue j’ai trouvé le dit roman d’occasion et
ce fût le coup de foudre.
A bord de
l'Etoile Matutine/ Pierre Mac Orlan©Le livre de poche
Loin de l’image du pirate romantique véhiculée par Hollywood l’auteur nous fait vivre le quotidien de ces réprouvés qui rejetés
par la société tentent de se construire leur propre société en marge de la loi dans le sang et la violence.
Beuveries, maladies, violences, …, aucuns maux n’échappent au tableau que dresse Mac Orlan ni même cette inéluctable fin qui
plane au dessus de ces forbans telle une épée de Damoclès : le gibet.
Ce récit intimiste, sans envolées lyriques se fait fort de raconter fidèlement le quotidien de ces hommes (et plus rarement
femmes) qui choisirent la voie des armes et de la terreur afin de trouver richesses et liberté !